4 minutes de lecture

Exceptionnel, mais pas anodin, (très) rare mais sérieux : le Syndrome du Choc Toxique, maladie infectieuse, a fait une apparition fracassante dans le débat public en France depuis quelques années. Bien renseignée sur le sujet, Gina vous débriefe : l’occasion de vous éviter un coup de flip pour que dalle et de vous mettre à l’abri des comportements à risque.

C’est quoi, le Syndrome du Choc Toxique ?

Le SCT ou Syndrome du Choc Toxique est une maladie peu connue causé par une bactérie franchement banale mais néanmoins agressive pour notre santé : le staphylocoque doré. Naturellement présente dans l’organisme de 30 à 50% de la population, les staphylocoques sont – la plupart du temps – dormantes, et touchent aussi bien le nez, que la gorge, la peau et … le vagin des femmes.

syndrome-choc-toxique

C’est-à-dire ?

Il faut comprendre que le SCT (toujours le syndrome du choc toxique) n’est pas nécessairement déclenché par le port de protections hygiéniques (tampons, serviettes, coupes menstruelles). Mais si la bactérie, le fameux staphylocoque, est présente dans le vagin des femmes, elle peut, dans certains cas, se développer si vous portez des tampons ou des cup pendant vos règles au delà de la durée recommandée (de 3 à 6 heures). Parce que le sang stagnant à l’intérieur du vagin représente un territoire de culture extrêmement fertile, entraînant la prolifération des bactéries (dont le staphylocoque). Et ça ça peut continuer à des complications allant d’une infection au fameux choc toxique. Drainées par le sang, elles gagnent les organes vitaux comme le coeur, les poumons et les reins : et c’est là que ça se complique pour notre santé

Comment le reconnaître pendant ses règles ?

En France, les cas de femmes sont peu (mais déjà trop) nombreux : en moyenne 20 par an. Les conséquences peuvent être très graves voire mortelles si le diagnostic n’est pas émis à temps : il est donc important de bien se renseigner et de connaitre les différents symptômes.

Pour vous en prémunir et limiter le risque, soyez vigilante pendant vos règles menstruelles et dans les jours qui suivent : si vous ressentez des symptômes tels que des nausées, des contractures musculaires, des migraines; si vous avez de la fièvre, des vomissements, des diarrhées, des éruptions cutanées ou autres symptômes de ce type : contactez immédiatement votre médecin, et parlez-lui du Syndrome du Choc Toxique.

Les premiers symptômes peuvent apparaître très rapidement, généralement dans les douze heures après le moment de l’infection. Si l’infection est découverte à temps, les personnes atteintes du syndrome du choc toxique sont pris en charge immédiatement en soins intensifs pour bénéficier d’un traitement adapté. Alors mieux vaut s’inquiéter pour rien… que de morfler pour que dalle.  

Et les tampons dans tout ça ?

Bien évidemment, ça ne veut pas dire qu’il faut illico balancer vos tampons et votre cup par la fenêtre (ou ailleurs) : les risques sont très minimes, et certains tips peuvent vous mettre à l’abri du (potentiel) danger.

  • Ne portez pas de tampons ou de coupes menstruelles pendant vos règles plus de 3 à 6 heures : rappelez-vous bien que c’est la stagnation du sang dans votre vagin qui peut conduire à la prolifération des bactéries, et pas l’utilisation de protections hygiéniques elles-mêmes. Pour cela on vous explique tout comment mettre un tampon de la meilleure manière possible.
  • Lavez-vous bien les mains avant et après avoir inséré votre protection périodique, tampons ou serviettes : la politique du risque zéro est votre amie.
  • Variez, autant que possible, les modes de protection : un bon équilibre tampon / serviette ou serviette / cup devrait laisser à votre vagin le temps de “respirer”.
  • Pour votre santé, lâchez tout net les lingettes parfumées, les douches vaginales, et le savon : un rinçage à l’eau tiède suffit, et à l’extérieur du vagin seulement. Bref, arrêtez de baliser sur l’hygiène pendant vos règles, car le vagin des femmes est auto-nettoyant.

Le bon produit : tampons et serviettes hygiéniques bio ?

Si le lien se fait si facilement entre utilisation de tampons périodiques et SCT, syndrome du choc toxique, c’est parce que le tampon lui-même n’a, depuis quelques années, vraiment pas bonne presse. Des scandales comme celui de Procter & Gamble, à l’absence de loi obligeant les fabricants à dévoiler la composition de leurs produits : c’est tout un questionnement autour des problématiques de santé et du traitement adapté qui s’y applique.

De même, il faut savoir que si les cas de Syndrome du Choc Toxique plafonnaient au nombre de zéro dans les années 90, ils sont en constante augmentation ces dernières années. Meilleurs diagnostics, augmentation de la maladie ou responsabilité des fabricants qui propulsent sur le marché des protections bourrés de produits chimiques ? On ne sait pas. Mais la théorie selon laquelle l’utilisation de tampons non-bio favoriserait largement l’augmentation des cas recensés de Syndrome du choc toxique n’est pas exclue.

La prise de conscience impulsée notamment par le très bon documentaire Tampon, notre ennemi intime d’Audrey Gloaguen et Victoria Kopiloff, donne lieu aujourd’hui à l’arrivée sur le marché des règles des protections hygiéniques bio, éco-responsables, et plus respectueuses de la flore vaginale et de votre santé. Le coton des tampons – et serviettes hygiéniques – s’il est certifié, vous met à l’abri des substances toxiques et autres perturbateurs endocriniens en tous genres. De même, les coupes menstruelles en silicone, TPE et en latex médical sont plus saines pour le corps des femmes et pour la planète. Donc en gros, comment vous dire ? La route est encore longue, mais ça va déjà mieux.